
Ces derniers temps, les clients de plusieurs FAI français (Fournisseurs d’Accès Internet) ont pu voir leur accès à Youtube dégradé, les plus touchés étant ceux de Free. Plus tôt dans l’année, les clients d’Orange avaient subi le même problème. Cela parce que personne, entre les FAI et les fournisseurs de service en ligne, ne souhaite payer pour la bande passante nécessaire aux internautes pour utiliser ces services.
Cette question fait partie d’un débat plus profond, et va jusqu’à remettre en cause la manière dont fonctionne internet de nos jours : d’un côté des services en ligne de plus en plus gourmands en bande passante tels que Youtube, de l’autre des clients qui se connectent de plus en plus nombreux sur ces services. La demande en bande passante entre les FAI et ces services est donc en constante augmentation, et la question se pose de savoir qui entre ces deux entités doit payer pour l’élargissement des réseaux.
Plus que ça, ce sont ces services en ligne qui tirent le bénéfice de cette explosion de la demande, alors que les FAI n’y gagnent rien, et vont jusqu’à y perdre s’ils doivent investir eux-mêmes dans l’infrastructure nécessaire à la résolution de ce problème.
Face à cette problématique, il y a deux points de vue :
Le premier étant de considérer que les fournisseurs de service en ligne tels que Youtube gagnent de plus en plus d’argent parallèlement à cette augmentation de la consommation de services lourds en bande passante. Ils devraient donc participer à l’amélioration de l’infrastructure les reliant aux FAI. C’est dans ce cadre qu’un projet de “taxe Google” (impliquant Google et les autres acteurs omniprésents sur le net français) a été créé, qu’Eric Besson soutient : «Certains services très connus, comme Google ou Facebook, occupent une place sans cesse croissante sur les réseaux, fixes et mobiles, sans contribuer d’aucune manière au financement des infrastructures ou de la création. Ces sociétés sont établies dans des pays étrangers, ne paient aucun impôt en France, et occupent dans le même temps des positions de quasi monopole sur le marché français»
Le deuxième point de vue, avancé par Olivier Esper, Directeur des Affaires Publiques chez Google France, consiste à dire que ces services constituent une plus-value à l’internet français, poussant les internautes à souscrire à un abonnement internet. «Peut-être faudrait-il donc évoquer un partage des revenus d’accès», conclut-il.
Vous l’aurez compris, la guerre est loin d’être finie, et ne pourra vraiment cesser que lorsque l’ordonnancement de cette relation “fournisseur – consommateur” changera. Une des solutions serait que «les FAI, qui jalousent les portails de contenus pour les bénéfices qu’ils génèrent “sur leur dos”, [en intègrent] un maximum, pour récupérer la manne financière, offrir un service illimité à [leurs] clients et les fidéliser», souligne Lâm, chroniqueur sur Le Journal Du Geek. Cette solution n’en étant pas vraiment une, puisqu’elle pourrait mettre en péril la neutralité du net.
Le débat reste donc ouvert !
Auteur : Pioul
Sources : Le Monde, Numerama, Le Journal Du Geek